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Mortroux 2018

Le 7ème salon du livre de Mortroux aura lieu le dimanche 29 juillet 2018 de 9 h à 18 h, à la salle socio-culturelle

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Concours La Morterolaise 2018

4ème concours de la nouvelle morterolaise

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Cette pièce a eu le 1er prix

au concours de l’APPEL en 2007

contrat de mariage idal

Comédie - 1 h 30appel_premier_prix

Personnages
Madame Pichon et Madame Rastignac, quinquagénaires, bourgeoises
Adeline et Ophélie, la vingtaine
Monsieur Pichon et Monsieur Muletier, quinquagénaires, hommes d’affaires
Marc-Antoine, la trentaine

Décor
Un vaste salon bourgeois.

Résumé

Madame Pichon, bourgeoise prétentieuse, afin de prouver sa largesse d’esprit, a autoritairement marié son dernier fils à une provinciale pauvre. Elle méprise la jeune femme qu'elle pense totalement idiote et l’humilie en public. La suite lui montrera qu'il ne faut jamais se fier aux apparences.

Pour commander :

10,00 € (9,48 € Hors Taxes) l'unité Un contrat de mariage idéal, théatre septembre 2015

Pour écrire à l'auteur

 La presse en parle

 

La Montagne le 17 septembre 2011

La_Montagne_17_septembre_2011_-_Un_Contrat_de_mariage

 

 

 

Syndicalisme hebdo du 08 décembre 2011

 

 

 

 Les 2 premières scènes

ACTE 1
Un vaste salon bourgeois. La porte du fond est entr’ouverte. Adeline passe la tête par l’entrebâillement de la porte à plusieurs reprises

Scène 1
Mme Pichon  et Mme Rastignac,

Mme Pichon
Vous savez, chère amie, que nous avons marié notre dernier fils.

Mme Rastignac
Oui, nous avons reçu votre faire part. Qui est cette jeune Adeline ?

Mme Pichon
Une jeune roturière de la province.

(Mme Rastignac reste bouche bée.)

Mme Pichon
Oui. Voyez-vous, nous avons souhaité des alliances éclectiques pour nos enfants. Anne-Claire a épousé un israélite ; Pierre-Marie s’est uni avec une centre africaine ; Marie-Laurine a convolé avec un aristocrate encore riche. Il ne manquait qu’une pauvre provinciale à notre arbre généalogique. C’est désormais fait.

Mme Rastignac
Mais vous n’avez pas peur que…

Mme Pichon (l’interrompant d’un geste majestueux)
Pensez-vous. Nous avons demandé à notre notaire de rédiger un contrat de mariage idéal.

Mme Rastignac
J’ignorais qu’il y eu des contrats de mariage idéaux !

Mme Pichon
Chacun consacre vingt pour cent de ses revenus aux dépenses du ménage, plus dix pour cent par tranche de deux enfants. Ça permettra à notre Marc-Antoine de conserver une bonne marge d’argent de poche.
S’il y a rupture des liens du mariage, sans qu’aucun enfant ne soit né, chacun retrouvera le capital qu’il avait précédemment au mariage et celui qu’il aura acquis au cours de l’union. Aucun patrimoine ne sera acquis à leurs deux noms.
Si des enfants sont vivants au moment de la dite rupture, ils seront placés chez une nourrice. Chacun des parents participera aux frais d’entretien et d’hébergement.

Mme Rastignac (stupéfaite)
Mais pourquoi placer les enfants chez une nourrice ?!

Mme Pichon
Nous ne voulons pas que nos enfants soient élevés par des prolétaires et comme des pauvres. Nous ne voulons pas non plus qu’elle profite de la pension alimentaire.

Mme Rastignac (secouant la tête)
Vous pensez à tout, ma chère.

Mme Pichon
Nous voulons bien épouser une pauvre mais nous ne voulons pas y perdre notre fortune.

Mme Rastignac
Vingt pour cent c’est peu.

Mme Pichon
Ils vivent ici, chez nous. Nous leur laissons cinq pièces au quatrième étage et parfois ils déjeunent à la maison.

Mme Rastignac
Travaille-t-elle, cette jeune fille ?

Mme Pichon
Je l’ignore. De toute façon nous l’avons emmené à plus de 300 km de là où elle vivait. Elle ne peut pas avoir conservé son travail d’avant. Je ne veux pas qu’elle fasse de l’ombre à mon fils parce que vous savez Marc-Antoine n’est pas le plus intelligent de nos enfants.

Mme Rastignac
Oh ! (Un temps) Si j’ai bonne mémoire, Marc Antoine aimait bien les filles. Toutes les filles.

Mme Pichon
Toujours. Toujours. C’est aussi pour ça que nous lui avons choisi une petite sotte. Une fille qui ne s’accrochera pas à lui pour son argent. Une qui croira toute sa vie qu’il est amoureux d’elle.

Mme Rastignac
Pourquoi ne l’avez-vous pas marié à l’une de ses aventures ?

Mme Pichon
Parce qu’elles, elles cherchent toutes l’argent. Figurez-vous que je suis obligée de le contraindre à mettre obligatoirement un préservatif. Je suis sûre qu’elles oublient toutes de prendre la pilule pour être enceinte. Elles seraient heureuses d’être enceinte du fils Pichon.

Mme Rastignac
Et son épouse ? Elle devra aussi utiliser le préservatif ?

Mme Pichon
Ah non ! Elle, elle doit nous faire au moins un fils.

Mme Rastignac
C’est aussi dans le contrat de mariage ?

Mme Pichon
Non. A l’impossible nul n’est tenu. Je ne suis pas certaine que mon fils ait envie de passer beaucoup de temps avec cette petite idiote.

Mme Rastignac
Comment l’a-t-il connue ?

Mme Pichon
Quand j’ai décidé de le marier, nous sommes partis en vacances dans le midi en traversant la France profonde. Nous avons mis plusieurs jours pour atteindre la Méditerranée. Mais ça en valait la peine. Nous sommes arrivés dans un département dénommé « La Creuse ». J’ai pensé que la Creuse ça ne pouvait être que la France profonde. Quelques kilomètres plus loin… (elle éclate de rire)

Mme Rastignac
Que s’est-il passé?

Mme Pichon (riant toujours)
Un village…

Mme Rastignac
C’est normal, un village dans un département rural ! Il devait y en avoir plusieurs de villages dans la Creuse.

Mme Pichon
Nous sommes arrivés à Mor-troux. (Elle éclate à nouveau de rire). Mort Troux. Vous vous rendez compte. Un trou mort.

Mme Rastignac
Mortroux ! Et ça vous fait rire ! On voit que vous n’avez jamais quitté Paris Aude-Claire ! Si vous aviez été dans le Lot, vous auriez pu traverser Montcuq.

Mme Pichon
Vous pourriez être polie !

Mme Rastignac
Il s’agit du nom d’un village lotois.

Mme Pichon
Vous me tutoyez maintenant !

Mme Rastignac (souriant)
Vous êtes allée à l’école tout de même chère Aude-Claire. Au moins à l’école primaire.

Mme Pichon (piquée)
Oui, je suis allée à l’école. Primaire et secondaire. J’ai mon BEPC, moi !

Mme Rastignac
Alors ! Que s’est-il passé à Montcuq ?

Mme Pichon (criant)
A Mortroux. Qu’est ce que je serais allée faire à votre cul ?

Mme Rastignac (moqueuse)
Alors que s’est-il passé à Mortroux ?

Mme Pichon
Dans ce village, marchait une jeune fille. (Elle éclate de rire) Elle avait des chaussettes de laine qui montaient jusqu’aux genoux et des sabots de jardin. Son cardigan était déchiré. Elle était mal coiffée et courait derrière des vaches. J’ai tout de suite su que c’était elle qu’il me fallait.

Mme Rastignac
Et qu’en a pensé Marc-Antoine ?

Mme Pichon
Peut importe ce qu’il en a pensé. J’avais décidé de le marier. Il savait qu’il devait obéir.

(Une porte se ferme dans les coulisses.)


Scène 2
Les mêmes plus Adeline, puis Ophélie

Adeline (entrant)
Bonjour ma mère. Bonjour Madame.

Mme Pichon
Ma chère Marie-Henriette, je vous présente Adeline, l’épouse de Marc-Antoine.
Ma petite Adeline, je vous présente Marie-Henriette Rastignac, ma meilleure amie qui revient d’Estonie où son mari était ambassadeur. Elle passe en France quelques semaines avant de partir pour le Burkina.

Adeline
Passer du climat de Tallinn à celui d’Ouagadougou ! Quel changement !

Mme Rastignac (à part à Madame Pichon)
Dites donc, pour une petite idiote, elle connaît bien sa géographie !

Mme Rastignac (à Adeline)
Aude-Claire m’entretenait de vos talents.

Adeline (débutant une révérence avec moquerie)
Merci ma mère.

Mme Rastignac
Comment comptez-vous occuper votre temps, maintenant que vous êtes mariée ?

Adeline
Je m’occupe de mon foyer, je cuisine des bons petits plats pour mon mari que je bichonne. Je fais quelques broderies et surtout j’ai mes bonnes œuvres. Bientôt, je m’occuperai de mes enfants.

Mme Rastignac
C’est pour bientôt ?

Adeline
Non. Pas encore. Mais nous aurons des enfants. Mère souhaite très vivement que nous ayons un garçon.

Mme Rastignac
Qu’avez-vous fait comme études ?

Adeline
J’ai un bac STT : Sciences techniques du tertiaire.

(Mme Pichon sourit en se moquant.)

Mme Rastignac
C’est mieux que le BEPC.

Mme Pichon
Est-ce que je vous demande quels sont vos diplômes ?

Mme Rastignac
J’ai un bac G3. Aujourd’hui ça s’appelle STT.

Madame Pichon
Comme je vous le disais, Adeline a toutes les qualités.

Adeline (débutant une révérence)
Merci ma mère.

Mme Rastignac
Vous êtes très polie, Adeline.

Adeline
Pensez-vous préférer le Burkina à l’Estonie ou le contraire, Madame ?

Mme Rastignac
En Europe de l’est ou en Afrique occidentale, je fais toujours le même métier : je reçois des gens que je ne connais pas, que je n’aime pas, que je ne reverrais pas. Je suis le faire valoir de mon mari. Je dois être belle et me taire. Je suis tout à fait le portrait de l’antiféministe primaire. Quand je pense que ma mère a manifesté aux côtés de Gisèle Halimi !

Adeline
Après quelques mois, vous vous faites certainement des amies.

Mme Rastignac
Des amies que je ne reverrais plus jamais quand mon mari aura décidé de partir ailleurs ou que sa hiérarchie aura besoin de lui dans un autre pays.
Je me suis attachée, les premières fois. J’ai désormais compris qu’il ne le fallait pas. Certains ambassadeurs restent plusieurs années dans le même pays ou y reviennent plusieurs fois. Mon mari aime voyager. Il aime m’avoir à lui tout seul et dès qu’il flaire que je me sens bien quelque part, nous faisons nos valises.

Mme Pichon
Vous voyagez gratuitement. Vous voyez  beaucoup de pays. Et vous revenez souvent en France.

Mme Rastignac (surprise)
Trois fois en dix ans, vous trouvez que c’est souvent !

Mme Pichon
Je croyais vous avoir vue plus souvent.

Mme Rastignac
Je ne vous manque donc pas ! Je croyais qu’au moins vous, vous étiez une amie sincère !

Adeline
Mère parle de vous tous les jours. Elle doit croire que vous êtes là aussi.

Mme Rastignac
Vous êtes trop bonne, ma fille. Je vous sais gré de ce que vous tentez de faire.

Mme Pichon
Que tente-t-elle de faire ?

Mme Rastignac
Votre fils a fait un très bon choix, ma chère.

(à part)
Je voudrais bien qu’il en soit de même pour elle.

Mme Pichon
Mais que marmonnez-vous ?

Mme Rastignac (à Adeline)
Ma chère Adeline, figurez-vous que je connais un peu Mortroux. Mosterol le Toupinier. Mon fils a fait des recherches sur le travail artisanal dans la Marche du moyen âge et a découvert les poteries morterolaises dont certaines datent du XIème siècle, m’a-t-il dit.

Adeline
Oui, il a tout à fait raison. Mortroux tire son nom de ce travail de la terre : les poteries, les tuiles, les briques.

Mme Rastignac
Il m’a parlé de merveilleux épis faîtage, aussi.

Adeline
C’était une spécialité de la commune il y a encore deux siècles.

Mme Rastignac
Le sol est donc glaiseux. Je croyais la Creuse granitique.

Adeline
La géologie du sol creusois est complexe. Mortroux a de la terre glaise mais aussi des roches parfois très dures. Ça me fait plaisir de rencontrer quelqu’un qui connaît cette commune et ne commence pas par rire de son nom. Vous savez que notre ancien maire disait « Mortroux : il ne faut pas se fier aux apparences ».

Mme Rastignac
Vous aimez votre commune et vous y intéressez.

Adeline
Oui, beaucoup. Puisque vous m’êtes très sympathique et que les noms propres ne provoquent pas de railleries chez vous, je vais vous informer qu’en plus de toutes les qualités dont mère vous a fait le descriptif, j’ai aussi vécu dans un village appelé « Les Gourdes ».

Mme Rastignac
Vous savez que la gourde est une monnaie ?

Adeline
C’est la monnaie d’Haïti. Oui, en effet.

Mme Rastignac (avec sincérité)
Vous me plaisez beaucoup Adeline.

Adeline
Merci Madame.

Mme Pichon (jalouse de voir son amie et sa belle-fille sympathiser, sur un ton qui est plus un ordre qu’une question)
Marie-Henriette, voulez-vous voir ma roseraie ?

Mme Rastignac
Avec plaisir.

Vous nous accompagnez Adeline ?

Mme Pichon (Vivement)
Non. Non. Adeline a des projets qu’elle ne peut pas différer.

(Mme Rastignac et Adeline se regardent, complices.)

Adeline
Oui, j’ai des projets. Et puis je connais déjà la roseraie.

(On frappe)

Mme Pichon
Entrez !

Ophélie (entrant)
Bonjour Mesdames.

Mme Pichon (pincée) et Mme Rastignac
Bonjour Mademoiselle.

(Adeline et Ophélie s’embrassent)

Mme Pichon
Je n’aime pas ces habitudes de s’embrasser tout le temps.

Mme Rastignac
Nous allons la visiter cette roseraie ?

(Mme Rastignac et Mme Pichon sortent.)

 

10,00 € (9,48 € Hors Taxes) l'unité Un contrat de mariage idéal, théatre septembre 2015

 

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